Le chef de l'Etat contesté a fait le choix d' un homme proche du pouvoir en place. Le nouveau numéro 2 du Togo  doit former un gouvernement d'union nationale

La nouvelle est tombée le soir du mercredi 8 juin. Edem Kodjo, président de la Convergence patriotique panafricaine (CPP), a été nommé Premier ministre par le président togolais Faure Gnassingbé.

"Edem Kodjo est nommé Premier ministre", a déclaré le ministre de la Communication Pitang Tchalla, lisant le décret présidentiel de nomination à la télévision nationale.

Edem Kodjo, 67 ans, avait occupé ce poste de 1994 à 1996, lorsque le président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février, dirigeait le pays. Il avait à l'époque été perçu comme un "usurpateur". Le leader du CPP avait accepté le poste qui devait constitutionnellement revenir au Comité d'action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyigbor alors vainqueur des législatives.

Il succède à M. Koffi Sama, chef du gouvernement depuis juin 2002 qui a présenté sa "démission depuis quelques jours au président (Gnassingbé) qui l'a accepté". La coalition de l'opposition dite "radicale" avait demandé le 27 mai à M. Gnassingbé, élu le 24 avril lors d'un scrutin controversé, de désigner ce Premier ministre dans "ses rangs".

M. Gnassingbé, favorable à la constitution d'un gouvernement d'union nationale, avait toutefois rejeté "catégoriquement" mardi les propositions de cette coalition pour la formation d'un tel gouvernement.

Ces propositions étaient contenues dans une "plate-forme revendicative" qui vise à "annihiler notamment le pouvoir constitutionnel du président de la république et de l'Assemblée nationale", avait souligné la présidence togolaise, justifiant ce rejet.

M. Kodjo se chargera de mener avec M. Gnassingbé, les consultations avec des partis politiques en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale.

L'opposition modérée a fait savoir, depuis plusieurs semaines, qu'elle était favorable à une participation au gouvernement, notamment la CPP de M. Kodjo.

M. Gnassingbé avait lancé l'idée d'un gouvernement d'union nationale, avant l'élection du 24 avril. Un sommet avait réuni, le 19 mai, à Abuja (Nigeria), l'opposition et le pouvoir togolais sous l'égide de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine (UA).

Le président du Parti pour la démocratie et le renouveau (PDR), l'une des principales formations de cette opposition modérée, Zarifou Ayéva, avait indiqué qu'un gouvernement d'union nationale était la "seule porte de sortie" de la crise au Togo.

Le directeur de cabinet de M. Gnassingbé, Pascal Bodjona, avait affirmé mardi que "le chef de l'Etat prendra ses responsabilités" et que le futur "Premier ministre peut être issu de l'opposition".

"L'essentiel c'est qu'on ait un homme qui puisse conduire, avec l'appui de tous les Togolais de bonne volonté, le processus de réconciliation nationale", avait-il ajouté.

M. Gnassingbé, fils du président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février, avait été élu avec 60,15% des voix contre 38,25% au candidat de la coalition de l'opposition, Emmanuel Akitani Bob, premier vice-président de l'Union des forces du changement (UFC), principal formation de l'opposition dite radicale.

(Avec AFP)