15 juin 2005
FIFA : le Togo gagne 12 places au niveau mondial
Le Onze national togolais arrive à la 67ème place devant le Kenya (81ème équipe africaine) et derrière la libye (66ème)
Le Cameroun (26e) est devenu la première équipe africaine au classement mondial de la Fédération internationale de football (FIFA), publié mercredi, à la place du Nigeria (29e) qui passe 3e en Afrique, rapporte la presse locale.
L'Egypte (28e nation mondiale) prend la 2e place africaine alors que le Maroc (33e mondial, 4e africain) passe devant le Sénégal (37e mondial, 5e africain). Ces changements sont intervenus à la faveur des nombreux matches des éliminatoires au Mondial-2006 dans la zone Afrique disputés ces quinze derniers jours.
La plus belle progression en Afrique est à mettre au crédit du Togo, qui gagne 12 places au niveau mondial et grignote six places au niveau africain (de 18e à 12e). Le prochain classement sera publié le 20 juillet.
Les 20 premières équipes africaines au classement FIFA du 15 juin: 26. Cameroun 670 pts (0) 28. Egypte 668 (-1) 29. Nigeria 665 (-4) 33. Maroc 650 (2) 37. Sénégal 639 (-4) 38. Tunisie 632 (2) 39. Afrique du sud 630 (-1) 46. Côte d'Ivoire 602 (-2) 53. Zimbabwe 588(4) 59. Mali 570 (2) 66. Libye 560 (4) 67. Togo 559 (12) 68. RD Congo 557 (9) 72. Angola 551 (1) 73. Zambie 550 (-5) 76. Ghana 547 (-1) 80. Algérie 523 (-3) 81. Kenya 523 (-1) 83. Guinée 511 (9) 91. Burkina Faso 494 (-1).
(Avec Xinhua)
12 juin 2005
Le retour des réfugiés, un casse-tête pour le nouveau pouvoir
Les autorités veulent rassurer du rétablissement de la sécurité et demandent aux quelque 30 000 réfugiés de rentrer au pays
Selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR), plus de 19.000 Togolais ont trouvé asile au Bénin tandis qu'un peu plus de 10.000 autres se sont exilés au Ghana, depuis fin avril après les violences post-électorales qui ont ensanglanté le pays.
Ils ont fui pour se mettre à l'abri des menaces qu'ils subissaient. Mais deux semaines après cet exode massif, les autorités issues du scrutin présidentiel contesté ont appelé leurs ressortissants à revenir au pays, assurant que la sécurité y a été restaurée. Le régime en place a, par la même occasion, fustigé les témoignages de certains réfugiés qui, un peu plus tard, sont arrivés aux frontières des deux pays voisins, se prévalant encore d'une situation d'insécurité pour justifier leur exil. Selon ces témoignages, des Togolais continueraient de faire l'objet de la chasse à l'homme, de sévices de tout genre et d'intimidation.
Les autorités en place à Lomé ont vu dans ces allégations une certaine instrumentalisation de la question des réfugiés togolais et n'ont pas tardé à prendre certaines mesures d'apaisement dont la mise en palce d'une commission naitonale d'enquête chargée de faire la lumière sur les événements douleureux de l'avant et de l'après 24 avril, afin d'établir les responsabilités, mais aussi d'accorder des réparations aux victimes, tant du côté des partisans du pouvoir que de l'opposition.
Sans attendre les résultats de cette enquête, le gouvernement, à travers les affaires sociales, a déjà fait des gestes à l'endroit de certains sinistrés: distribution de vivres et autres produits de première nécessité.
Les nouvelles autorités tentent de rassurer leurs compatriotes, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. D'abord à l'intérieur, le pouvoir en place doit parvenir à convaincre les Togolais restés au pays en dépit des événements post- électoraux que le pire a été évité et que le présent et le lendemain se promettent à la quiétude, afin de les empêcher de partir en exil. Mais cela suppose l'accélération de la prise et de la mise en oeuvre des mesures d'apaisement et de restauration de la confiance entre dirigeants et administrés et de la cohésion entre les différentes compsantes politiques du pays, notamment entre partisans du vainqueur de la présidentielle du 24 avril dernier et ceux de la Coalition de l'opposition radicale perdante.
A l'extérieur, le pari à gagner va procéder d'un rapatriement des réfugiés. Un processus difficile, puisqu'il faut assurer des citoyens qui ont échappé au fait post-électoral que la paix et la sécurité sont rétablies dans leur pays d'origine.
C'est certainement pour s'être rendu compte de la délicatesse et de la difficulté de cette opération que le régime en place à Lomé a créé un haut commissariat national aux réfugiés et à l'action humanitaire susceptible de mettre fin au malheureux feuilleton du phénomène des réfugiés togolais apparu au lendemain du 24 avril dernier. Mais il faut agir vite.
(Avec Xinhuanet)
La réconciliation se fait attendre au Togo
Face aux exigences de l'opposition, le Président a choisi un Premier ministre de cohabitation sans réelle autorité.
Au Togo, la réconciliation prônée par la France, l'ancienne puissance tutélaire, mais aussi par les Etats de la région, est mal partie. Face aux conditions posées par les principaux partis de l'opposition pour entrer dans un gouvernement d'union nationale, le nouvel homme fort de Lomé, Faure Gnassingbé, a nommé, mercredi soir, Edem Kodjo au poste de Premier ministre. Personnalité modérée, cet ex-baron du régime, passé à l'opposition en 1990, est un homme sans réelle autorité au Togo. Candidat à la présidentielle de 2003, il avait obtenu 0,96 % des voix... «Nous espérions une ouverture plus grande qui n'a pas pu se concrétiser», reconnaît-on à Paris, tout en rendant l'opposition radicale responsable de cet échec.
Sûr de sa victoire, Faure Gnassingbé avait tendu la main à l'opposition avant même le scrutin du 24 avril, marqué par des fraudes massives et suivi par une série d'exactions commises par les forces de l'ordre. Mais, en début de semaine, les négociations entre les deux parties ont échoué. Le fils du général Eyadéma, décédé le 5 février après trente-huit ans au pouvoir, a rejeté les conditions posées par l'opposition «radicale». Estimant avoir été dépossédée de la victoire, celle-ci avait placé la barre très haut: ses exigences ne laissaient à Faure Gnassingbé que les chrysanthèmes à inaugurer...
Le président togolais a donc dû se rabattre sur Edem Kodjo. A 67 ans, ce diplômé de l'ENA, retrouve le rôle de Premier ministre de cohabitation qu'il avait déjà assumé de 1994 à 1996. Un rôle de faire-valoir, selon l'opposition radicale, qui le soupçonne de double jeu. Avant de quitter le giron du clan Eyadéma, Kodjo a été l'un des piliers du régime. Après avoir participé à la fondation du parti présidentiel, le Rassemblement du peuple togolais (RPT), il a occupé les portefeuilles des Finances et des Affaires étrangères.
«Il peut fédérer les bonnes volontés au-delà de son propre camp centriste», veut croire un diplomate. Autrement dit : débaucher certains des opposants radicaux au régime. Mais le principal opposant au régime, Gilchrist Olympio, a déjà exclu tout compromis.
(Par Thomas HOFNUNG, Libération)09 juin 2005
Togo: Edem Kodjo nommé Premier ministre par Faure Gnassingbé
Le chef de l'Etat contesté a fait le choix d' un homme proche du pouvoir en place. Le nouveau numéro 2 du Togo doit former un gouvernement d'union nationale
La nouvelle est tombée le soir du mercredi 8 juin. Edem Kodjo, président de la Convergence patriotique panafricaine (CPP), a été nommé Premier ministre par le président togolais Faure Gnassingbé.
"Edem Kodjo est nommé Premier ministre", a déclaré le ministre de la Communication Pitang Tchalla, lisant le décret présidentiel de nomination à la télévision nationale.
Edem Kodjo, 67 ans, avait occupé ce poste de 1994 à 1996, lorsque le président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février, dirigeait le pays. Il avait à l'époque été perçu comme un "usurpateur". Le leader du CPP avait accepté le poste qui devait constitutionnellement revenir au Comité d'action pour le renouveau (CAR) de Yawovi Agboyigbor alors vainqueur des législatives.
Il succède à M. Koffi Sama, chef du gouvernement depuis juin 2002 qui a présenté sa "démission depuis quelques jours au président (Gnassingbé) qui l'a accepté". La coalition de l'opposition dite "radicale" avait demandé le 27 mai à M. Gnassingbé, élu le 24 avril lors d'un scrutin controversé, de désigner ce Premier ministre dans "ses rangs".
M. Gnassingbé, favorable à la constitution d'un gouvernement d'union nationale, avait toutefois rejeté "catégoriquement" mardi les propositions de cette coalition pour la formation d'un tel gouvernement.
Ces propositions étaient contenues dans une "plate-forme revendicative" qui vise à "annihiler notamment le pouvoir constitutionnel du président de la république et de l'Assemblée nationale", avait souligné la présidence togolaise, justifiant ce rejet.
M. Kodjo se chargera de mener avec M. Gnassingbé, les consultations avec des partis politiques en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale.
L'opposition modérée a fait savoir, depuis plusieurs semaines, qu'elle était favorable à une participation au gouvernement, notamment la CPP de M. Kodjo.
M. Gnassingbé avait lancé l'idée d'un gouvernement d'union nationale, avant l'élection du 24 avril. Un sommet avait réuni, le 19 mai, à Abuja (Nigeria), l'opposition et le pouvoir togolais sous l'égide de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine (UA).
Le président du Parti pour la démocratie et le renouveau (PDR), l'une des principales formations de cette opposition modérée, Zarifou Ayéva, avait indiqué qu'un gouvernement d'union nationale était la "seule porte de sortie" de la crise au Togo.
Le directeur de cabinet de M. Gnassingbé, Pascal Bodjona, avait affirmé mardi que "le chef de l'Etat prendra ses responsabilités" et que le futur "Premier ministre peut être issu de l'opposition".
"L'essentiel c'est qu'on ait un homme qui puisse conduire, avec l'appui de tous les Togolais de bonne volonté, le processus de réconciliation nationale", avait-il ajouté.
M. Gnassingbé, fils du président Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février, avait été élu avec 60,15% des voix contre 38,25% au candidat de la coalition de l'opposition, Emmanuel Akitani Bob, premier vice-président de l'Union des forces du changement (UFC), principal formation de l'opposition dite radicale.
(Avec AFP)
07 juin 2005
Au Togo, une partie de l'opposition propose un accord de gouvernement au président Gnassingbé
Le premier ministre pourrait être issu des rangs des partis de opposition qui à l'exception de l'UFC semblent reconnaître la légitimité du nouveau chef de l'Etat
Le laborieux processus destiné à doter le Togo d'un gouvernement a connu, dans la soirée du lundi 6 juin, une brutale accélération qui pourrait aboutir à la nomination d'un premier ministre issu de l'opposition, un mois après la prestation de serment de Faure Gnassingbé, élu président de la République au terme d'un scrutin contesté et violent.
Une délégation composée de représentants de cinq des six partis réunis dans la coalition de l'opposition a été reçue par M. Gnassingbé et lui a soumis une plateforme de gouvernement dont l'acceptation commande, selon elle, sa participation au gouvernement et la nomination d'un premier ministre issu de ses rangs. L'Union des forces de changement (UFC) présidé par l'opposant historique Gilchrist Olympio, principal parti de la coalition, a décidé, à l'issue d'un débat de plusieurs heures, de ne pas se joindre à cette démarche qu'elle juge "précipitée" .
Les autres partis de l'opposition, pressés par les voisins africains du Togo de participer au "gouvernement d'union nationale" promis par M. Gnassingbé, ont, en le rencontrant officiellement lundi soir, reconnu de fait sa légitimité qu'ils avaient violemment contestée au lendemain de l'élection. La plateforme en cinq points qu'ils lui ont présentée inclut des mesures d'apaisement comme la libération des personnes détenues pour des faits liés aux violences pré et post-électorales, la réforme de la Constitution et du code électoral en vue de prochaines législatives et des règles de cogestion concernant les nominations aux emplois civils et militaires. Surtout, les opposants réclament la moitié des postes au sein du gouvernement.
Le pari politique est audacieux non seulement face à un pouvoir omnipotent, mais aussi à l'égard des électeurs de l'opposition demandeurs d'une véritable avancée démocratique mais échaudés par les pièges régulièrement tendus aux opposants du temps du général Eyadéma, qui régna sur le pays pendant 38 ans. "Avant de nous lancer dans l'aventure, nous demandons des garanties, assurait mardi matin Léopold Gnininvi, l'un des leaders de l'opposition. Il ne s'agit pas de partager des strapontins."
Du côté du pouvoir, on se contentait de déclarer que le président avait "pris note" de la plateforme d'une opposition ouvertement désunie et qu'il allait "l'examiner avec sa famille politique" et prendre "très rapidement ses responsabilités" . M. Gnassingbé aurait probablement souhaité que l'opposition, qui revendique le poste de premier ministre, lui suggère un nom. Officiellement, cela n'a pas été le cas, les opposants souhaitant obtenir des assurances avant de s'engager.
INITIATIVES CONCURRENTES
Ces pesantes tractations se trouvent encore alourdies par le climat de désunion sinon de crise que la situation togolaise provoque au sein de l'Union africaine (UA). Samedi 4 juin, Olusegun Obasanjo, le président en exercice de l'Union africaine, a qualifié de "nulle et non avenue" la nomination, annoncée quatre jours plus tôt par Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'UA, d'un "envoyé spécial" au Togo en la personne de l'ancien président zambien, Kenneth Kaunda.
Du côté de la Commission, l'affaire est qualifiée de simple "problème de communication interne" . Le pataquès reflète en réalité un différend de fond sur le règlement de la crise togolaise et, plus généralement, sur le mode de fonctionnement et d'intervention de l'UA, dont le rôle de médiateur dans les crises africaines s'intensifie.
Depuis le début de la crise togolaise, M. Obasanjo n'a pas ménagé ses efforts pour amener l'opposition à composer avec un président qu'elle estime mal élu. Vendredi 3 juin à Accra (Ghana), il a nouveau rencontré les protagonistes, les pressant de trouver un accord pour la formation d'un gouvernement d'union nationale.
Mais l'initiative concurrente de M. Konaré consistant à dépêcher au Togo une "mission d'information" composée de militants des droits de l'homme avait été très favorablement accueillie par les opposants togolais, qui y voyaient aussi un moyen de gagner du temps. En condamnant fermement cette perspective samedi, le président de l'Union africaine a mis fin à ces espoirs, amenant l'opposition à sortir du bois et à composer avec le nouvel homme fort du Togo.
(Avec Le Monde)
Le président de l'Union africaine désapprouve la nomination d'un médiateur
Les désaccords sur la résolution de la crise politique au Togo provoquent une autre crise au plus haut sommet de l'organisation africaine
Le président de l'Union africaine (UA) , Olusegun Obasanjo, également président du Nigeria, a rejeté la nomination d'un médiateur dans la crise du Togo, affirmant que cela n'était pas nécessaire puisque toutes les parties avaient accepté de former un gouvernement d'union nationale, a indiqué lundi sa porte-parole.
M. Obasanjo a refusé la nomination de l'ancien président kenyan Kenneth Kaunda comme médiateur de l'UA mais cela ne veut pas dire qu'il y ait une crise ou une scission au sein du bloc de 53 membres, a déclaré Remi Oyo.
Selon les informations, M. Obasanjo a déclaré vendredi à Lomé, capitale du Togo, que la nomination annoncée par le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré, avait été faite sans qu'il soit consulté.
Obasanjo furieux
Les médias ont rapporté que M. Obasanjo était furieux et qu'il refusait de devenir un président ratificateur, laissant entendre qu'une crise menaçait l'UA.
"Ce n'est rien", a déclaré Mme Oyo, "Ceux qui veulent voir une crise là-dedans ne souhaitent pas la réussite de l'Afrique", a-t- elle ajouté.
Le Togo a sombré dans une crise début février suite à la mort du président Gnassingbé Eyadema qui avait dirigé le pays pendant 38 ans. Son fils avait été désigné chef d'Etat par l'armée puis avait été contraint de se retirer pour participer à une élection en avril.
Faure Gnassingbé a remporté l'élection présidentielle et les résultats ont donné lieu à de violentes manifestations.
L'UA, qui souhaite que les problèmes africains soient résolus par les Africains, est intervenue pour que Faure Gnassingbé et l'opposition négocient. Ils ont convenu de former un gouvernement d'union nationale mais la situation reste tendue au Togo.
(Avec Xinhuanet)
06 juin 2005
UA/Togo: M. Konaré a provoqué la réprimande du président Obasanjo, selon Abuja
La tension est montée d'un cran entre les deux hommes. Leurs divergences sur la crise politique togolaise éclatent au grand jour
L'entourage du chef de l'Etat nigérian et président en exercice de l'Union africaine (UA) Olusegun Obasanjo a accusé lundi le président de la Commission de l'organisation panafricaine, Alpha Oumar Konaré, d'avoir provoqué la crise du week-end du 4 et 5 juin entre les deux hommes.
M.Obasanjo a rejeté samedi une décision de M. Konaré, ancien président du Mali, jugeant "nulle et non avenue" la nomination de l'ancien président zambien Kenneth Kaunda comme médiateur de l'UA pour le Togo.
M. Konaré "se voyait comme un président bis de l'UA, mais celui qui assume vraiment cette charge n'acceptera rien de ce genre", a déclaré lundi à l'AFP un haut responsable nigérian qui a souhaité garder l'anonymat.
"Des efforts ont été faits pour que le problème ne soit pas rendu public et reste en interne, mais il (Konaré) s'est montré têtu alors qu'il n'est pas l'autre président de l'UA: c'est inacceptable", a ajouté cette source jointe par téléphone.
"Toutes les négociations pour résoudre la crise au Togo ont eu lieu pendant la réunion à Abuja le mois dernier à laquelle ont participé des chefs d'Etat africains", a-t-il poursuivi en assurant que l'envoi d'un médiateur n'avait pas été évoqué.
Oluremi Oyo, la porte-parole de M. Obasanjo, a cependant assuré qu'il "n'y a ni divergence ni confrontation à l'UA".
Le 19 mai dernier à l'invitation de M. Obasanjo, les présidents du Gabon, Omar Bongo Ondimba, du Niger, Mamadou Tandja, président en exercice de la CEDEAO, Blaise Compaoré du Burkina Faso, John Kufuor du Ghana, et Mathieu Kérékou du Bénin, avaient rencontré le président togolais élu Faure Gnassingbé et les principaux chefs de l'opposition togolaise.
Ce mini-sommet, auquel n'a pas pris part M. Konaré, n'avait pas débouché sur un accord.
"Malheureusement, après cette rencontre, M. Konaré souhaitait une nouvelle session de négociations sans consulter l'UA", a ajouté le proche de M. Obasanjo joint par l'AFP.
La Commission de l'UA a annoncé le 31 mai la nomination de l'ancien chef d'Etat zambien, Kenneth Kaunda comme envoyé spécial au Togo afin "d'aider à la facilitation du dialogue" entre Faure Gnassingbé, élu à la présidence togolaise, et l'opposition, qui conteste son élection.
Un médiateur nommé à l'insu de M. Obasanjo
Selon une responsable du ministère nigérian des Affaires étrangères, interrogée par l'AFP, c'est cette nomination, qui n'avait pas été évoquée lors des consultations d'Abuja, qui a déclenché la crise.
Elle a précisé que le président nigérian était fâché de ne pas avoir été consulté sur ce point, ce dont la presse nigériane se faisait lundi largement l'écho.
Mme Oyo avait déclaré samedi à l'AFP que "cette décision est nulle et non avenue, selon le président Obasanjo qui s'exprime en tant que président en exercice de l'UA et membre de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO)".
Le Conseil de Paix et Sécurité de l'UA, également présidé par M. Obasanjo, avait pourtant soutenu la proposition de M. Konaré de nommer un envoyé spécial ainsi qu'une mission d'observation au Togo pour suivre au plus près l'évolution de la situation dans ce pays.
Dimanche, la Commission de l'UA avait qualifié de simple "problème de communication interne" la décision de M. Obasanjo, reconnaissant qu'elle n'avait pas été en mesure de le joindre directement pour l'informer du choix de M. Kaunda pour cette mission.
Elu au cours d'un scrutin marqué par des fraudes massives et des violences, le président Gnassingbé a engagé des consultations avec les partis politiques pour tenter de former un gouvernement d'union nationale, auquel l'opposition radicale n'a pas encore confirmé sa participation.
(Avec AFP et Le Monde)
Le Togo bat la Zambie et se rapproche de la CAN et du Mondial 2006
L'UE satisfaite du processus de réconciliation nationale
Texte intégral de la déclaration de l'Union européenne en date du 6 juin relative aux négociations de sortie de crise
L'Union européenne exprime son soutien aux nouvelles initiatives prises par l'Union Africaine à travers son Conseil de Paix et de Sécurité, et en particulier à la nomination d'un envoyé spécial pour faciliter le dialogue entre les parties togolaises. La réunion du Conseil du 27 mai à Addis Abeba s'inscrit dans la continuité du mini-Sommet qui s'est tenu à Abuja, le 19 mai, sous la direction du Président Obasanjo, et des efforts de la CEDEAO en vue de chercher une solution acceptable par tous.
A cet égard, l'Union européenne réitère son encouragement aux dirigeants de toutes les forces politiques togolaises à concrétiser leur engagement au processus de réconciliation nationale et à réaliser une transition satisfaisante et inclusive. Elle se félicite du début des discussions entre le pouvoir exécutif et l'opposition et lance un appel à tous les acteurs politiques pour qu'ils collaborent avec l'envoyé spécial de l'Union Africaine et travaillent ensemble pour la réconciliation nationale.
L'Union européenne salue de même la décision de l'Union africaine d'envoyer une mission d'observation afin de suivre la situation politique, sécuritaire, sociale et humanitaire, ainsi que la situation des droits de l'homme dans le pays. Elle prend note de la décision des autorités togolaises de créer une commission d'enquête « sur les actes de violence et de vandalisme survenus avant, pendant et après le scrutin présidentiel ». L'Union européenne encourage la réalisation d'un travail d'enquête impartial, exhaustif et crédible sur les exactions commises à l'encontre de la population civile. Elle souhaite insister sur l'importance de respecter les droits de l'homme et de rendre la justice, de façon à assurer un processus de transition pacifique. Elle lance également un appel aux autorités togolaises pour qu'elles créent les conditions pour assurer le retour des réfugiés.
L'Union européenne se déclare prête à soutenir le processus de réconciliation nationale et continuera à suivre de près la situation politique au Togo, notamment au regard des 22 engagements souscrits par le gouvernement togolais dans le cadre des consultations de l'art. 96 de l'accord de Cotonou et la décision du Conseil du 15 novembre 2004.
La Bulgarie et la Roumanie, pays en voie d'adhésion, la Turquie et la Croatie*, pays candidats, l'Albanie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, la Bosnie- Herzégovine et la Serbie-Monténégro, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine, se rallient à cette déclaration.* La Croatie continue à participer au processus de stabilisation et d'association.
02 juin 2005
Les enfants réfugiés togolais reprennent les cours au Bénin voisin
L'Unicef tente de scolariser les jeunes qui représentent près de la moitié des personnes ayant fui les violences post-électorales.
A quelques semaines de la fin de l'année scolaire et du début de la période des examens, 1 600 enfants réfugiés togolais sont retournés à l'école lundi dans les camps d'hébergement installés au Bénin pour les réfugiés ayant fui les émeutes post-électorales au Togo.
Des élèves de tous âges, de la maternelle à la terminale, suivent les cours sur des nattes posées à même le sol dans des salles de classe de fortune érigées par le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) dans le camp de réfugiés de Lokossa, à 18 km de la frontière togolaise.
"L'éducation est le meilleur moyen de ramener une forme de normalité dans la vie de ses enfants" a estimé Philippe Duhamelle, représentant de l'UNICEF au Bénin. "Retourner à l'école va leur permettre de retrouver une vie plus structurée, rythmée par l'école et le jeu, ce qui devrait les aider à mieux surmonter les traumatismes qu'ils viennent de vivre".
"Certains enfants ont, par exemple, été victimes ou témoins directs de violences", a ajouté Duhamelle. "L'école va leur donner la possibilité de se reconstruire, de se projeter à nouveau dans l'avenir".
Selon l'UNICEF, les enfants représentent près de 50 pour cent du nombre de réfugiés qui fui le Togo pour s'installer au Bénin, après le scrutin présidentiel très controversé du 24 avril dernier. Parmi ces enfants, près de 200 sont des mineurs séparés de leurs parents ou des mineurs accompagnés âgés de 9 à 17 ans.
Lundi matin, plus de 1 000 élèves ont été conduits dans les 14 salles de classe construites en bois et recouvertes d'une bâche en plastique dans le camp de Lokossa qui héberge près de 5 500 personnes.
500 autres enfants ont été inscrits dans les classes du camp de Comé, un centre d'accueil plus petit situé près de la frontière et qui héberge quelque 1 400 personnes. A Comé, les cours se déroulent dans le hall de la maison des jeunes et de la culture, et dans le bruit assourdissant des premières tornades tropicales.
De nombreuses personnes ont quitté le Togo pour se réfugier au Bénin et au Ghana depuis que les partisans de l'opposition sont descendus dans les rues pour protester contre l'élection en avril dernier de Faure Gnassingbe. Son père, l'ancien chef d'Etat togolais Gnassingbe Eyadema avait dirigé le pays pendant 38 ans jusqu'à son décès en février dernier. Pour la coalition des partis de l'opposition togolaise, le scrutin présidentiel du mois dernier a été entaché de nombreuses irrégularités et de fraudes massives.
A en croire certains diplomates, plus de 100 personnes ont été tuées pendant les émeutes qui ont éclaté après la proclamation des résultats du scrutin, alors que la ligue togolaise des droits de l'homme en dénombrait près de 800.
34 416 réfugiés ont été enregistrés au Bénin et Ghana a indiqué vendredi dernier l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Sur les quelque 20 000 personnes qui ont trouvé refuge au Bénin, près d'un tiers sont hébergés dans les camps de Lokossa et de Comé, deux sites gérés par le HCR, le reste des réfugiés ayant choisi de vivre chez des amis ou des parents.
Cinq semaines après la proclamation des résultats très controversés du scrutin présidentiel, près de 200 personnes quittent chaque jour le Togo pour échapper aux actes d'intimidation et de harcèlement commis par les forces de sécurité dans les bastions de l'opposition, ont indiqué des fonctionnaires des Nations unies.
Selon Rafick Saidi, représentant du HCR au Bénin, certains élèves réfugiés, en majorité des jeunes filles, sont rentrés la semaine dernière au Togo pour passer leur examen probatoire.
Mais de nombreux garçons sont revenus dans les camps parce qu'ils ont appris qu'ils étaient recherchés par la police, a-t-il indiqué.
L'UNICEF a lancé un appel de fonds de 395 000 dollars américains pour financer sur une période de six mois l'éducation des enfants hébergés dans les camps installés au Bénin. L'agence emploie 53 enseignants, tous réfugiés togolais, pour dispenser les cours dans les classes.
Ces fonds sont destinés aux 2 000 enfants des camps et serviront à couvrir les besoins scolaires de 2000 autres enfants réfugiés dans les communautés d'accueil.
"Rattraper du retard"
Mais les programmes scolaires des deux pays sont différents. Pour Ayéna Arouna, inspecteur de l'enseignement et consultant à l'UNICEF au Bénin, le programme scolaire des élèves de terminale n'est pas tout à fait le même au Bénin et au Togo. Et comme il y a eu des grèves au Bénin et que la date des examens a été repoussée, les élèves togolais auront suffisamment de temps pour rattraper leur retard avant les examens prévus en juillet prochain.
Pour Blandine Wakesso, 20 ans, c'est une bonne nouvelle. "Nous sommes très contents de continuer les cours et de terminer l'année", a-t-elle confié à IRIN. "Vu qu'il n'y a pas le probatoire au Bénin, quelque soit la situation, c'est ici que moi je passerai mon baccalauréat."
(Avec IRIN)










