26 septembre 2005
Les Nations unies attribuent au régime togolais la "responsabilité principale" des violences
La coïncidence est fâcheuse pour le régime togolais. Au moment même où le président Faure Gnassingbé, élu en avril, fait assaut de diplomatie pour tenter de renouer avec ses bailleurs de fonds européens, un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, publié lundi 26 septembre, attribue à l'Etat togolais "la responsabilité principale de la violence politique et des violations des droits de l'homme" commises au moment du scrutin contesté qui l'a porté au pouvoir.
"Exécutions sommaires perpétrées par les forces armées" , "actes de torture atroces et aveugles commis à grande échelle" , "arrestations arbitraires" d'opposants... Le document dresse une liste implacable d'exactions, établie en juin, lors d'une "mission d'établissement des faits" sur place. Sans exonérer les dirigeants de l'opposition dont les militants, révoltés par la fraude électorale, ont parfois eux-mêmes engagé le cycle violences-représailles, la mission de l'ONU désigne le pouvoir en place à Lomé comme le premier commanditaire des tueries. Alors qu'en juillet, Amnesty International avait établi une liste de 150 victimes, le bilan dressé par le Haut-Commissariat évoque "entre 400 et 500 morts et des milliers de blessés" dans les deux camps.
Si les violences ont débuté dès février, après la mort du général Eyadéma Gnassingbé, après trente-huit ans de règne, elles se sont aggravées lorsque sont fils, Faure, a été porté au pouvoir avec le soutien des militaires, grâce à une manipulation de la Constitution. Citant le juriste français Charles Debbasch, le document de l'ONU évoque "le rôle douteux (...) d'experts étrangers". Mais les brutalités ont atteint leur paroxysme après l'élection de Gnassingbé fils. Mettant en lumière "l'existence d'une réelle stratégie de la tension orchestrée par un groupe occulte au coeur du pouvoir", le rapport de l'ONU pointe le recours aux unités d'élite de l'armée pour maintenir l'ordre après la proclamation des résultats, et les pratiques destinées à faire disparaître certains cadavres.
La Mission évoque le fait que "2500 soldats habillés en civil et armés de coupe-coupe (...) " auraient été utilisés pour appuyer les militants du parti au pouvoir dans la répression des manifestations de l'opposition. Des actes de torture ont été commis par "des milices, des militants du RPT - Rassemblement du peuple togolais- et des militants de la coalition - de l'opposition -", souligne le document, qui cite des cas de "viols et -de- sévices sexuels". Les destructions d'habitations par les forces de l'ordre et l'incarcération de personnes dans des "conditions dégradantes" complètent le tableau.
"IMPASSE POLITIQUE"
Près de six mois après ces événements, le Togo suivrait-il le chemin de la démocratie ? Sans répondre à la question, le rapport de l'ONU permet d'en douter, qui insiste sur la dimension ethnique du conflit, et qualifie d'"impasse politique" la constitution d'un gouvernement sans participation réelle de l'opposition.
Le président Faure Gnassingbé ne ménage pourtant pas ses efforts pour tenter de conquérir une respectabilité et obtenir la reprise de l'aide économique de l'Union européenne, interrompue depuis 1993 pour manquements aux droits de l'homme. A New York, récemment, le président togolais a annoncé son intention d'organiser des élections législatives "le plus vite possible" et il n'a pas écarté l'idée de réhabiliter Sylvanus Olympio, premier président du Togo, tué en 1963 lors d'un coup d'Etat mené par son père, Eyadéma Gnassingbé. Ces déclarations de bonnes intentions ont porté leurs fruits puisque l'UE vient de débloquer 9 millions d'euros destinés au recensement de la population, à la réforme de la justice et à l'organisation des élections législatives. Mais l'exigence européenne d'un calendrier précis de réformes n'a reçu pour l'instant qu'un accord verbal. Un voyage de M. Gnassingbé à Londres, Paris et Bruxelles est aussi programmé.
Réfugié en France, l'ancien ministre de l'intérieur François Boko estime que le pouvoir togolais "joue sur la lassitude" des Européens. Il regrette que l'UE "cautionne" la volonté d'organiser des élections en l'absence de tout dialogue avec l'opposition. Il doute enfin de la volonté de "réconciliation" affichée par un régime qui vient de baptiser l'aéroport de Lomé du nom du dictateur mort en février.
(Le Monde du 26/09/05)
L'Onu impute aux autorités togolaises 400 à 500 décès
Le RPT, parti au pouvoir, est mis en cause dans un rapport des Nations-unies publié le 26 septembre à Genève. Les partis de l'opposition sont accusés d'avoir attisé les tensions selon le même rapport.
Bilan sans complaisance cinq mois après les violences de la présidentielle. Les forces de sécurité togolaises sont largement responsables des violences dans lesquelles 400 à 500 personnes ont péri autour de l'élection présidentielle du printemps dernier, affirme dans un rapport le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme.
Ce bilan se situe à mi-chemin des estimations fournies par des diplomates occidentaux (100 à 150 morts) et par des ONG locales, selon qui 800 personnes pourraient avoir péri dans les violences.
Le Togo a été le théâtre de violents incidents lors de l'élection présidentielle anticipée du 24 avril, provoquée par le décès de Gnassingbé Eyadéma et remportée par l'un de ses fils, Faure.
Dans son rapport diffusé à Genève, fondé sur les conclusions d'une mission d'enquête ad hoc, Louise Arbour dénonce "l'ampleur des disparitions, l'utilisation à grande échelle de la torture et des traitements inhumains et dégradants, les destructions systématiques et organisées des biens et des propriétés" constatées pendant cette période.
LE RPT NOMMEMENT CITE
Elle souligne le "caractère massif et la gravité des actes et des manifestations des violations des droits de l'homme attestées par le nombre élevé de victimes", en estimant à plusieurs milliers le nombre de blessés.
"La responsabilité principale de la violence politique et des violations des droits de l'homme (incombe à) l'ensemble de l'appareil répressif et sécuritaire de l'Etat", estime-t-elle, évoquant une "coordination avec des partisans organisés du pouvoir politique" et citant nommément le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir).
Après le décès de Gnassingbé Eyadéma, l'armée avait initialement nommé comme successeur au président l'un de ses fils, Faure. Mais le tollé international soulevé par cette manoeuvre ainsi que les manifestations orchestrées par l'opposition avaient contraint Faure Gnassingbé à démissionner et à organiser des élections, qu'il a gagnées.
Le résultat du vote a suscité de nouvelles manifestations souvent accompagnées de violences, et des dizaines de milliers de Togolais se sont réfugiés au Bénin et au Ghana, pays voisins.
L'OPPOSITION AUSSI MONTREE DU DOIGT
Un nouveau gouvernement est arrivé au pouvoir en juin. Il comprend des personnalités n'appartenant pas au RPT mais la plupart des chefs de file de l'opposition ont refusé la proposition qui leur avait été faite de former un gouvernement d'union nationale.
La mission d'information de l'Onu, qui s'est rendue au Togo entre le 13 et le 24 juin, n'exonère pas de toute responsabilité les partis d'opposition qui, selon elle, ont attisé les tensions politiques lors de la campagne.
Arbour impute aux militants d'opposition "de graves actes de violence ayant fait de nombreuses victimes et des saccages et des destructions de biens et de propriétés de militants - ou supposés tels - du parti au pouvoir".
L'ancien juge de la Cour suprême canadienne a exhorté le gouvernement togolais à ouvrir une enquête indépendante sur ces violences et à sanctionner leurs auteurs sur la base de ses conclusions.
De façon plus générale, elle dénonce au Togo "la prégnance dans l'ensemble de la société d'une culture de violence fondée, après plus de 30 ans de régime non démocratique, sur le credo du recours à la violence comme méthode privilégiée de conservation ou de conquête du pouvoir et l'érosion consécutive du sentiment démocratique".
(Avec Reuters)
Plus de 400 morts lors des violences de la présidentielle
Le rapport de la mission de l'ONU qui a enquêté au Togo en juin dénonce le "principe de l'impunité érigé par le pouvoir" qualifiant de "bricolage constitutionnel" le processus ayant conduit à l'élection de Faure Gnassingbé. Le même rapport note un déficit d'encadrement dans les rangs de l'opposition.
Bilan macabre! Les violences qui ont accompagné l'élection présidentielle d'avril dernier au Togo ont fait "entre 400 et 500 morts", selon un rapport publié le 26 septembre par les Nations unies, qui attribue "la responsabilité principale" de ces violences au pouvoir en place.
La "mission d'établissement des faits" nommée par le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme a indiqué avoir mis au jour "le caractère massif et la gravité des actes de violation des droits de l'Homme attestées par le nombre élevé des victimes (entre 400 et 500 morts et des milliers de blessés)".
Aucun bilan officiel n'a été publié par le pouvoir togolais, qui a nommé une commission d'enquête nationale chargée de remettre un rapport sur les événements du printemps dernier. Les estimations varient de 58 morts, selon une association proche du pouvoir, à 811 selon l'opposition. Le rapport de l'Onu note "l'ampleur des disparitions, l'utilisation à grande échelle de la torture et des traitements inhumains et dégradants, les destructions systématiques et organisées des biens et des propriétés".
La mission s'est rendue sur place en juin pour enquêter sur les violences qui se sont déroulées entre le 5 février, date du décès de l'ancien président Gnassigbé Eyadéma, et le 5 mai, après l'élection de son fils Faure Gnassingbé lors du scrutin contesté du 24 avril. La proclamation des résultats avait entraîné des violences, notamment dans la capitale Lomé.
La mission conduite par Doudou Diène, rapporteur spécial de l'Onu sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance, souligne "la responsabilité principale de la violence politique et des violations des droits de l'Homme de l'ensemble de l'appareil répressif et sécuritaire de l'Etat (police, gendarmerie, forces armées tous corps confondus)". Ces organes ont agi "en coordination avec des partisans organisés du pouvoir politique", souligne le rapport, qui dénonce "le principe de l'impunité" érigé par le pouvoir.
"La mission a reçu des informations concordantes permettant de confirmer l'existence d'une réelle stratégie de répression" et les forces de l'ordre "ont souvent fait un usage excessif de leurs armes", selon le rapport. Ainsi, "2.500 soldats habillés en civil et armés de coupes-coupes, machettes et gourdins cloutés" auraient prêté main forte aux militants du parti au pouvoir pour réprimer les manifestations de l'opposition. La mission dénonce cependant "le rôle important des militants des partis d'opposition tant dans la montée de la tension" que dans des "actes graves de violence ayant entraîné de nombreuses victimes". Les dirigeants de l'opposition ont péché par "manque d'encadrement de leurs militants".
A propos de l'élection présidentielle, le rapport estime qu'elle a donné lieu à "un bricolage constitutionnel". Le document déplore aussi "la culture de violence", "fondement de la pérennité du pouvoir du président Gnassigbé Eyadéma", et "l'instrumentalisation politique du facteur ethnique et xénophobe". Les violences ont ainsi pris pour cible des ressortissants maliens, dont huit ont été tués, et nigériens (quatre morts).
L'Elysée avait choisi son camp
Les Français ont quant à eux "revécu le syndrome ivoirien", note le rapport, soulignant que "les déclarations d'amitié du président français" Jacques Chirac au défunt président togolais "et l'appui de la France au processus électoral ont été politiquement interprétés comme la confirmation du soutien de la France au pouvoir togolais". Afin de sortir de l'actuelle "impasse politique totale" à Lomé, le rapport suggère une politique de réconciliation nationale fondée sur la vérité et la justice. Or, la Commission nationale d'enquête créée par le nouveau président "ne bénéficie pas de la crédibilité nécessaire", selon le rapport.
La mission réclame le démantèlement de toutes les milices, une "réforme démocratique en profondeur de l'armée" et "la réouverture de négociations avec toutes les composantes de l'opposition" pour la mise sur pied d'un "gouvernement d'union nationale représentatif", avec le soutien des Nations unies.
(Avec AFP)
23 septembre 2005
Sécurité aérienne : le Togo figure sur une liste noire française
Trente pays sont visés dans un rapport en 2004 élaboré par un parlementaire
Un rapport présenté à l'Assemblée nationale en juillet 2004 par le député (UMP) François-Michel Gonnot établissait, à partir de 111 « rapports sommaires » de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), une liste de 30 pays « parmi les plus critiques » en matière de sécurité aérienne : Albanie, Belize, Biélorussie, Botswana, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, Croatie, Ghana, Guyana, Kenya, Laos, Macédoine, Mali, Mongolie, Mozambique, Birmanie, Niger, Ouganda, Palaos, Papouasie Nouvelle-Guinée, Russie, Samoa, Sénégal, Togo, Tonga. Mais aussi trois membres de l'Union européenne : Chypre, Hongrie et Portugal.
Tout en précisant qu'il ne s'agissait pas de « mettre ces pays à l'index », le rapporteur de la mission d'information parlementaire indiquait que les autres membres de l'OACI attendaient d'eux « des améliorations rapides ». Il rappelait par ailleurs qu'il « n'existe pas de critère automatique et uniforme de notation des pays ».
(Le Monde du 30 août 2005)
Faure Gnassingbé veut réhabiliter Sylvanus Olympio
Le numéro un togolais affiche sa volonté de recoudre le tissu national déchiré après la présidentielle controversée du 24 avril.
L'homme fort du Togo de démarque son père. Faure Gnassingbé, a exprimé le 20 septembre sa volonté d'organiser des élections législatives le plus vite possible et confirmé son intention de réhabiliter le premier président du pays, Sylvanus Olympio, a-t-on appris jeudi du site internet republicoftogo.
"Nous avons la volonté ferme d'organiser des élections législatives le plus rapidement possible mais dans des conditions acceptables par tous les acteurs politiques", a-t-il dit dans une interview à la radio des Nations unies.
"Avant, il y a la grande question de la réconciliation des forces politiques que nous essayons aussi de promouvoir. Pour cela, nous avons mis en place une commission qui est chargée de faire des propositions sur la manière dont nous devons honorer la mémoire des héros du Togo", a ajouté le président togolais, qui participait à New York à l'Assemblée générale des Nations unies.
Le gouvernement togolais avait annoncé le 8 septembre la création de cette commission de "réflexion" pour la " réhabilitation " des "grands hommes" du pays.
Plusieurs personnalités sont concernées dont le premier président du Togo Sylvanus Olympio - père de l'opposant historique au régime actuel Gilchrist Olympio.
"Sylvanus Olympio a servi son pays, il mérite d'être honoré,il sera réhabilité, en tout cas c'est ma volonté", a dit le président Gnassingbé.
(Avec Xinhuanet)
20 septembre 2005
Un festival international de musique traditionnelle s'ouvre à Lomé
Ouvert le 19 septembre, le rendez-vous culturel rassemble des artistes ouest-africains et tchadiens.
Sous le thème "Caractère stylistique: musique afro-vernaculaire ", ce festival rassemble des groupes artistiques venus du Ghana, du Bénin, du Nigeria, du Tchad et du Togo.
Les prestations musicales de ce rendez-vous culturel seront essentiellement faites de son qui, dans la tradition musicale africaine, est porteur de message et d'énergie.
"Le son est une force invisible capable d'apporter de profonds changements aux niveaux physique, émotionnel et spirituel", a souligné un des organisateurs pour s'expliquer sur la portée de la manifestation.
Le présent festival vise la valorisation de la musique sonore traditionnelle africaine.
Premier du genre abrité par la capitale togolaise, ce festival prendra fin le 25 septembre prochain.
(Avec Xinhuanet)
Le FMI invite le Togo à faire des réformes
L'argentier demande un assainissement de la politique fiscale et du secteur financier.
Le Fonds monétaire international (FMI) a invité les autorités togolaises à faire des réformes économiques. C'est ce qu'a affirmé le 19 septembre une délégation de l`institution financière internationale arrivée à Lomé une semaine plus tôt. Les échanges avec les autorités togolaises ont porté sur les "priorités des réformes macro-économiques et structurelles au Togo, notamment dans les domaines de la fiscalité et des finances.
Le chef de la délégation, M. Volker Treichel, économiste au Département Afrique du FMI, s`est dit encouragé par la volonté des autorités compétentes à faire des réformes, indiquant qu`il espère qu`à la suite de la mission, "des mesures concrètes seront mises en oeuvre en vue d`assainir la politique fiscale et le secteur financier".
(Avec Angola Press)










