30 janvier 2006
Le capitaine des Eperviers: "On était mal préparé..."
Yaovi Abalo, capitaine du Onze national
Les langues se délient après le fiasco de la CAN. Yaovi Abalo défenseur capitaine des Eperviers déclarait à RFI: «On était mal préparé (pour cette CAN). Quand on joue dans les éliminatoires, ce n’est pas la même pression que dans une phase finale. Et de ce côté, beaucoup de joueurs n’ont pas encore la bonne maturité. Il va vraiment falloir faire quelque chose pour qu’à la coupe du monde, on ne fasse pas la même chose qu’ici. (…) Dans l’ensemble, on n’était pas dans une phase positive avant de venir ici.»
Les Eperviers pourtant qualifiés au Mondial 2006 ont quitté la CAN par la petite porte après trois défaites contre le Congo (2-0), le Cameroun (2-0) et l'Angola (3-2).
Stephen Keshi: "La vie continue..."
Après la défaite du Onze national contre l'Angola (3-2)
Stephen Keshi: "Mon avenir dépend de la fédération togolaise... La vie continue ce n'est pas la fin du monde. Ce match on aurait pu le gagner mais l'expulsion nous a coûté cher. Quant au Mondial, on va se préparer et on verra".
L'affaire Adebayor a débouché sur une crise qui risque de coûter sa place à au sélectionneur nigérian des Eperviers. L'attaquant togolais d'Arsenal se serait brouillé avec le sélectionneur peu avant le premier match contre le Congo pour ne s'être joint pas à l'équipe lors des préparartions pour la CAN.
13 janvier 2006
Le Togo, loin d'être sur «la voie de l'apaisement»
Contrairement à ce qu'a annoncé Jacques Chirac pendant les vœux du corps diplomatique mardi matin, plusieus pays d'Afrique, dont le Togo, vivent dans un climat politique tendu.
Le Togo? Cette référence peut susciter quelque interrogation. Depuis l'explosion de violences qui avait marqué le scrutin présidentiel d'avril 2005, avalisé par Paris, c'est le statu quo qui prédomine dans cet ancien protectorat français. Faure Gnassingbé, qui dirige le pays depuis le décès d'Eyadéma (son père) en février 2005, prône officiellement la «réconciliation nationale». Ce qui ne l'empêchera pas d'organiser, vendredi, un défilé militaire dans les rues de Lomé pour fêter la «libération nationale». Autrement dit : la prise de pouvoir par la force de l'ancien sergent-chef de l'armée coloniale française, Gnassingbé Eyadéma, le 13 janvier 1967. Quatre ans auparavant, jour pour jour, le même Eyadéma avait participé, aux côtés d'autres officiers togolais, au putsch contre le premier président du Togo indépendant, Sylvanus Olympio, assassiné lors du coup de force.
Dans ses vœux au corps diplomatique, mardi matin à Paris, Jacques Chirac a souhaité pour la Côte d'Ivoire le «retour à la vie normale, par le dépôt des armes et par des consultations électorales ramenant une démocratie réelle, apaisée». C'est possible, a expliqué en substance le président français, citant en exemple plusieurs pays du continent africain qui, selon lui, ont «retrouvé la voie de l'apaisement» : la République démocratique du Congo, la Centrafrique, la Guinée-Bissau... et le Togo.
Pour l'Union des forces de changement (UFC), la principale formation de l'opposition togolaise dirigée par Gilchrist Olympio (le fils du président assassiné), ce défilé est une véritable provocation. L'UFC, qui présente son candidat malheureux au scrutin d'avril dernier, Emmanuel Bob Akitani, comme «le président des Togolais» sur son site, accuse toujours Faure Gnassingbé de «hold-up électoral».
Prôné par l'Union européenne, le dialogue entre le nouveau régime et ses principaux adversaires est au point mort. Ces derniers réclament comme préalables une réforme en profondeur de l'armée noyautée par le pouvoir, ainsi que le jugement des auteurs de la répression du printemps 2005, qui - selon un récent rapport des Nations unies - aurait fait plusieurs centaines de morts. Faure Gnassingbé ne veut pas en entendre parler...
Enfin, plusieurs milliers de personnes qui avaient fui les violences lors du scrutin présidentiel campent toujours au Bénin et au Ghana voisins. Loin d'être sur «la voie de l'apaisement», le Togo semble en réalité englué pour longtemps dans un immobilisme politique lourd de dangers.
(Thomas HOFNUNG, Libération)
Le Togo parade au mépris de la démocratisation
La commémoration du putsch de 1967 déçoit les espoirs d'ouverture.
Le fantôme de Gnassingbé Eyadéma, l'ancien président du Togo mort en février 2005, va planer, aujourd'hui sur Lomé, à l'occasion d'un défilé militaire. Son successeur et fils, Faure Gnassingbé, a décidé de maintenir la tradition. Chaque 13 janvier, l'armée parade dans les rues de la capitale pour commémorer le putsch qui, en 1967, permit à l'homme aux éternelles lunettes noires de s'emparer du pouvoir pour ne plus le lâcher. Le régime célèbre ce jour-là la «libération nationale».
Pour le principal parti d'opposition, l'Union des forces du changement (UFC), ce défilé est, à l'inverse, «un acte d'arrogance» inacceptable. L'UFC accuse Faure Gnassingbé d'avoir truqué le scrutin présidentiel d'avril 2005, marqué par une explosion de violences. Son dirigeant, Gilchrist Olympio, qui vit en exil à Paris, a aussi des raisons personnelles de fulminer. Un autre 13 janvier, en 1963, un groupe de sous-officiers, emmené par l'ancien sergent-chef de l'armée coloniale française Eyadéma, assassinait le premier président du Togo, Sylvanus Olympio, élu démocratiquement et père de l'actuel opposant.
Au-delà de cette querelle familiale qui se perpétue par fils interposés, le défilé militaire de Lomé douche les espoirs de ceux qui voyaient ou feignaient de voir dans Faure Gnassingbé un trentenaire lucide, capable de sortir son pays de l'ornière. «La situation économique se détériore à vue d'oeil, les routes sont dans un état lamentable et, pendant ce temps, le Président se fait construire un nouveau palais à grands frais», note un observateur.
Le pouvoir, qui ne nie pas les difficultés économiques, les impute au maintien des sanctions de l'Union européenne, qui frappent le Togo depuis 1993. Depuis cette date, Bruxelles tente de rétablir le dialogue entre le clan Eyadéma et l'opposition. En vain, jusqu'ici.
Avant de discuter avec le pouvoir, ses adversaires réclament une réforme en profondeur de l'armée, noyautée par le régime, et des poursuites judiciaires contre les auteurs de la répression du printemps 2005. Nombre d'entre eux défileront aujourd'hui sur le boulevard Eyadéma.
(Thomas HOFNUNG, Libération)










