Les autorités veulent rassurer du rétablissement de la sécurité et demandent aux quelque 30 000 réfugiés de rentrer au pays

Selon le Haut Commissariat des  Nations Unies aux Réfugiés (HCR), plus de 19.000 Togolais ont  trouvé asile au Bénin tandis qu'un peu plus de 10.000  autres se sont exilés au Ghana, depuis fin  avril après les violences post-électorales qui ont ensanglanté le pays.

Ils ont fui pour se mettre à l'abri des menaces  qu'ils subissaient. Mais deux semaines après cet exode massif, les autorités issues du scrutin présidentiel contesté ont  appelé leurs ressortissants à revenir au pays, assurant que la  sécurité y a été restaurée. Le régime en place a, par la même  occasion, fustigé les témoignages de certains réfugiés qui, un peu plus tard, sont arrivés aux frontières des deux pays voisins, se  prévalant encore d'une situation d'insécurité pour justifier leur  exil.  Selon ces témoignages, des Togolais continueraient de faire  l'objet de la chasse à l'homme, de sévices de tout genre et  d'intimidation.

Les autorités en place à Lomé ont vu dans ces allégations une  certaine instrumentalisation de la question des réfugiés togolais  et n'ont pas tardé à prendre certaines mesures d'apaisement dont  la mise en palce d'une commission naitonale d'enquête chargée de  faire la lumière sur les événements douleureux de l'avant et de  l'après 24 avril, afin d'établir les responsabilités, mais aussi  d'accorder des réparations aux victimes, tant du côté des  partisans du pouvoir que de l'opposition. 

Sans attendre les résultats de cette enquête, le gouvernement,  à travers les affaires sociales, a déjà fait des gestes à l'endroit de certains sinistrés: distribution de  vivres et autres produits de première nécessité. 

Les nouvelles  autorités tentent de rassurer leurs  compatriotes, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.  D'abord à l'intérieur, le pouvoir en place doit parvenir à  convaincre les Togolais restés au pays en dépit des événements post- électoraux que le pire a été évité et que le présent et le  lendemain se promettent à la quiétude, afin de les empêcher de  partir en exil. Mais cela suppose l'accélération de la prise et de la mise en oeuvre des mesures d'apaisement et de restauration de la  confiance entre dirigeants et administrés et de la cohésion entre  les différentes compsantes politiques du pays, notamment entre  partisans du vainqueur de la présidentielle du 24 avril dernier et ceux de la Coalition de l'opposition radicale perdante. 

A l'extérieur, le pari à gagner va procéder d'un rapatriement  des réfugiés. Un processus difficile, puisqu'il faut assurer des  citoyens qui ont échappé au fait post-électoral que la paix et la  sécurité sont rétablies dans leur pays d'origine. 

C'est certainement pour s'être rendu compte de la délicatesse  et de la difficulté de cette opération que le régime en place à  Lomé a créé un haut commissariat national aux réfugiés et à  l'action humanitaire susceptible de mettre fin au malheureux  feuilleton du phénomène des réfugiés togolais apparu au lendemain du 24 avril dernier. Mais il faut agir vite.

(Avec Xinhuanet)